Le groupe A travaillant en autonomie, les tutorés pouvaient solliciter l’aide auprès de leur tuteur. Ces derniers, en fonction de l’avancée de leur travail personnel, posaient au milieu de la table la face du carton de disponibilité (occupé ou disponible). À l’issue de ce travail, chaque membre de la dyade devait remplir une grille (document Word, environ 17 ko). Il fallait ici répondre à trois questions fermées (pour ne pas rendre la tâche ardue) en cochant « oui » ou « non ». La dernière question nécessitait toutefois un petit développement. J’ai mis en place cette grille, car je voulais m’assurer qu’il y avait bien une concordance entre la grille du tuteur et celle du tutoré. Par ailleurs, cela me permettait de vérifier a posteriori si la pratique du tutorat avait été effectuée ou non. Restait à vérifier si cette situation effective avait été profitable au tutoré en proposant par exemple des exercices similaires à ceux vus lors de la séance précédente. On pourrait également demander aux tutorés de signifier s’ils ont répondu à l’exercice grâce à l’aide donnée auparavant par le tuteur ou non, et ce quelle que soit la validité de la réponse.
52Dans un système basé sur la coopération les différents acteurs travaillent en principe dans un esprit d’intérêt général. La coopération ne va pas de soi et suppose un certain degré de confiance et de compréhension. Ce n’est pas parce que l’on décide de coopérer que l’on coopère effectivement. Jollivet-Blanchard et Blanchard (2004) parlent d’attitudes à acquérir, notamment les aptitudes à communiquer. Dans un groupe, il ne suffit pas « […] d’entendre, de comprendre, de rassembler et de commenter, il faut aussi interroger, rebondir, remettre en question, imaginer… » (ibid., p. 329).

59L’intérêt cognitif pour des élèves à travailler en groupe est ici repensé en termes de formes à donner à ce travail collectif. Suivant le but et les objectifs que l’enseignant se fixe, il peut opter pour l’une ou l’autre situation. S’il vise des progrès rapides dans les apprentissages, le tutorat intraclasse semble être la méthode la plus bénéfique pour les tutorés qui vont s’enrichir des compétences du tuteur. S’il vise des progrès relationnels, en vue d’améliorer les relations entre élèves, l’apprentissage coopératif est cette fois plus favorisant. À condition toutefois de respecter :
HUGUET Pascal et MONTEIL Jean-Marc. Comparaison sociale, genre et performances cognitives : étude expérimentale de l’intervention des appartenances de sexe dans le fonctionnement cognitif individuel, dans R.-V. Joule, J.-M. Monteil et J.-L. Beauvois. Perspectives cognitives et conduites sociales : contextes et contextes sociaux. Tome V, Delachaux et Niestlé, 1996, p. 33-48.
Le recueil de représentations initiales sur le rapport à l’erreur et à l’aide a été réalisé auprès de toute la classe. Tout d’abord, j’ai demandé aux élèves d’écrire ce qu’ils pensaient de l’erreur d’une manière spontanée. Puis je les ai guidés à l’aide de questions plus précises. Deux questionnaires étaient donc à renseigner dont les réponses allaient nourrir les futurs échanges.
À l’heure de rédiger cette conclusion, une nouvelle année scolaire a commencé. Nous la considérons comme la deuxième année d’un projet qui en nécessitera bien d’autres pour se réaliser pleinement. Les nombreuses questions, que la pratique du tutorat entre pairs a fait émerger jusque-là, restent ouvertes. Cette année, la mise en œuvre sera sans doute plus rapide, moins tâtonnante, et permettra de consolider le cadre que nous avons commencé à élaborer. Il nous semble en particulier qu’il faut procurer à nos futurs élèves tuteurs davantage d’outils et de techniques sur lesquels ils pourront s’appuyer, et améliorer considérablement les ressources à utiliser en autonomie : quantité, qualité et conditions d’accès. Nous pensons aussi approfondir la question des compétences spécifiques des tuteurs : définir plus précisément leur « métier » et les compétences que l’on attend d’eux, les rendre conscients qu’ils doivent accompagner les tutorés vers cette autonomie dans le travail qu’ils ont eux-mêmes déjà acquise. En outre, chacun de nous espère poursuivre des pistes d’expérimentation particulières.
Une synthèse (document Word, environ 35 ko) recense l’ensemble des écrits des participants ainsi que d’autres propositions que j’ai suggérées (comme ne pas s’occuper de ce qui se passe autour de soi par exemple). Cependant cette fiche met en évidence les conditions préalables pour un fonctionnement propice au tutorat, conditions qui peuvent être plus ou moins complexes à respecter, comme par exemple le rapport à la fatigue mentionné dans la dernière partie de la fiche. Ensuite, les tuteurs et moi-même avons parcouru ce document pour revoir et expliciter le contenu. Enfin, le tutoré a pu découvrir chaque partie de cette fiche que le tuteur lui a présentée. Nous nous sommes assuré que le tutoré avait bien compris la présentation de chacun des rôles dans la dyade.

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44Un autre phénomène apparaît au niveau de la situation tutorale grâce à la mise en place d’une observation évolutive. Suivre les mêmes groupes sur plusieurs séances collectives permet d’évaluer les changements d’attitudes et d’interactions pouvant survenir entre les membres. C’est-à-dire une modification significative dans les positionnements des uns et des autres dans le groupe par rapport aux observations précédemment effectuées. Ainsi, Bouchta tuteur du groupe T10, lors de l’observation de la première séance :
Pour résumer, j’ai donc ciblé cinq élèves comme étant futurs tuteurs sur la base de certains critères (comme la relation de confiance entre élèves et enseignant, ou encore le niveau des compétences du tuteur). Leur tutoré était également défini sur la base de ses résultats scolaires. Cependant, je réalise que ce dispositif a ses limites puisque les tutorés conservent l’étiquette de ceux qui sont aidés et qu’on leur ôte la possibilité d’aider. Comme le souligne Sylvain Connac : « Le tutorat a besoin d’un principe de réciprocité : personne n’est systématiquement tuteur ou tutoré. » Il rappelle à ce sujet les travaux de Claire Héber-Suffrin (PDF, environ 120 ko). En effet, cela permet de ne pas enfermer les élèves dans des rôles assignés. Je pourrais faire l’hypothèse que le tuteur comprendrait mieux ce que signifie être tutoré s’il a également vécu cette expérience. Sylvain Connac ajoute en outre que ce dispositif court le risque d’exacerber les inégalités, car, au bout du compte, les « bons élèves » profiteraient davantage du dispositif puisqu’ils renforceraient leur niveau d’acquisition de compétences.
J’ai soumis ces propositions de remaniement à Sylvain Connac qui précise que les dispositifs de tutorat gagnent à être simples. La mise en place du tutorat ne doit être ni chronophage, ni compliquée, ni lourde, pour l’élève comme pour l’enseignant. J’ai alors revu ces propositions en éliminant l’idée d’une affiche pour celle d’une boîte à message pour assurer une certaine discrétion :

À l’issue de cette première phase, certains élèves voient leur travail (calculs, réponses et présentation) que j’ai validé, et je les désigne officiellement comme tuteurs et tutrices pour la deuxième phase du travail. Je pense qu’il faut leur laisser le choix, voire l’initiative de ce changement de statut, ce que je n’ai pas fait dans la séance présentée ici. Toutefois, il est assez visible que les élèves désignés sont contents, ils en tirent une certaine fierté et une motivation pour la suite de la séance.
6Telle est la vision proposée par Gilly (1988) dans le cadre de la conception psychosociale des constructions cognitives visant à rendre compte du progrès des connaissances. Celui-ci, pour être révélé, suppose de recueillir les pré-requis des participants d’une part, et les dynamiques interactives réalisées par les partenaires d’autre part. La prise en compte des pré-requis permet d’identifier les différents niveaux des partenaires relativement à la tâche à réaliser et de définir au mieux les mécanismes socio-cognitifs mis en œuvre. Contrairement à ce qu’il en est dans la perspective post-piagétienne de l’école de Genève, Gilly établit le constat suivant : le conflit n’est pas forcément nécessaire. Il a montré l’existence d’autres dynamiques (Gilly, Fraisse & Roux, 1988) pouvant être tout aussi efficace et dans lesquelles la confrontation, qui prend la forme d’une perturbation chez les partenaires, aboutissait (confrontation contradictoire) ou non (confrontation avec désaccord) à des propositions nouvelles de résolution.

10Les travaux plus récents de Bruner (1996, 1991-1997, 2000) orientent aujourd’hui la conception décrite ci-avant vers une psychologie culturelle ayant une vision anthropologique de l’être humain inséré dans une culture. Selon l’auteur, la culture est constituée de savoirs implicites qui demandent, pour être compris d’un sujet, un effort de négociation qui lui permettra d’accéder aux moyens d’agir dans notre société. Dans cette perspective, l’accent est mis sur le partage ou la négociation de significations, considérés comme un processus général inhérent à l’activité mentale, à la fois culturellement située et distribuée, et à laquelle n’échappe pas la transmission. Pour comprendre comment cette transmission est possible, les pistes d’investigations s’orientent vers la perspective médiationnelle, l’analyse séquentielle et l’apprentissage mutuel.
En grammaire, l’analyse de phrases simples est une activité que l’on fait régulièrement et qui est précisément codifiée : d’abord on souligne en rouge le verbe conjugué de la phrase et on donne son infinitif, ensuite on souligne en bleu le groupe sujet dont on doit donner la nature, enfin on souligne en vert le complément du verbe (pour l’heure uniquement des COD).
4Le modèle de la transmission sociale (Vygotski, 1934/1985) constitue une référence incontournable en matière de tutorat. Il fournit un cadre conceptuel général de référence à l’intérieur duquel des processus fondamentaux permettent d’envisager l’enseignement/apprentissage comme un processus important du développement. D’après ce modèle, l’acquisition de connaissances est envisagée au sein d’une situation tuteur-novice dans laquelle la transmission de savoirs est assurée par l’adulte (ou l’enfant plus compétent) qui, à travers ses conduites tutorielles, va permettre au novice d’accéder à de nouvelles connaissances et progressivement à son autonomie (voir Bruner, 1983 pour une description des conduites tutorielles dans une situation adulte-enfant, et Bensalah, 2003 dans une situation entre enfants). Toutefois, ces nouvelles connaissances ne seront accessibles à l’enfant que dans la mesure où elles sont préalablement incluses dans sa zone de développement proche. Rappelons que cette notion rend compte de l’écart entre ce que l’enfant peut réussir seul à l’aide de ses moyens propres et ce qu’il peut réussir avec l’aide d’autrui (Schneuwly & Bronckart, 1985). Les savoirs sont, dans un premier temps, partagés par les deux partenaires tel un « prêt de conscience » (Bruner, 2000, p. 159) avant d’être intégrés par le novice qui ainsi gagne en compétences. D’après Rogoff (1991), le sujet novice est considéré comme un partenaire à part entière de la situation asymétrique par la dynamique d’apprentissage qu’il impulse, répondant ainsi au concept de participation guidée. Cette perspective place donc chaque partenaire en tant qu’acteur dans la dynamique d’acquisition.
Au mois d’avril, en CM1, la technique opératoire de la division posée est plus ou moins acquise : sa maîtrise est inégale d’un élève à l’autre, quand elle n’est tout bonnement pas connue de certains. Je donne une opération à effectuer et précise : « Quand on a fini, on peut aider ses camarades. » Je ne donne aucune consigne particulière pour l’exercice, ni aucun cadrage pour l’entraide. Lorsqu’un élève a fini ses calculs, il m’appelle pour que je valide le résultat, après quoi il est libre d’aller aider un camarade. Il demande qui a besoin d’aide, ou bien c’est un camarade qui l’appelle, le tout librement. Mais souvent, l’affinité qu’ont certains élèves entre eux passe avant le fait que d’autres camarades ont vraiment besoin d’aide, si bien que je dois parfois intervenir. Dans l’ensemble, les interactions se régulent d’elles-mêmes, dans le calme, et l’exercice est rapidement terminé.

Puisque le tutorat qui s’ensuit est tout de suite annoncé, je demande aux élèves de rappeler les modalités de l’aide que peut apporter un tuteur. Il me semble nécessaire de le faire systématiquement pour inscrire en eux un principe élémentaire du tutorat : ne pas faire à la place du camarade, ne pas lui donner la réponse, mais plutôt le guider, notamment en lui posant des questions.

Des évaluations se pratiquent régulièrement (cf. ci-dessus). Elles ont pour but de vérifier si les objectifs intermédiaires ont été atteints. Cela peut se faire par le biais des Q.C.M. (Questionnaire à Choix Multiple) présents en fin de certains chapitres. Les résultats de ces évaluations sont, si nécessaire, objets de discussion entre l'apprenant et le tuteur.


Déjà difficile, cette situation l’est encore plus quand elle est subie. « Mon salaire n’aurait pas couvert les frais de garde, d’autant que mes horaires étaient variables d’un jour à l’autre, ce qui rendait l'organisation difficile. Je n’ai donc pas eu vraiment le choix . J'ai arrêté mon job », témoigne Émilie. Si cette ex-coach sportive déclare s’éclater aux côtés de ses « deux loulous », c’est loin d’être le cas de toutes les femmes confrontées à la même situation. « Il n’existe aucune formation pour apprendre à élever sa progéniture. C’est une occupation chronophage, qui génère souvent des réactions émotionnelles fortes. Pas étonnant que certaines craquent ou tombent dans la dépression », déplore Isabelle Filliozat. Pour éviter de sombrer, une seule solution : voir du monde. Réunions organisées par la Leache League ou l’Union nationale femmes actives et foyer (FAEF), échanges dans des groupes de parents, sorties au parc à plusieurs… tout est bon ! Sans oublier bien sûr le meilleur : garder du temps pour son couple et ses virées entre copines.


Avant la révolution industrielle, la plupart des gens ont travaillé de la maison ou entreprises appartenant à près de leur maison. La plupart des gens avaient les opérations simples ou fermes familiales qui ont gardé les près de la maison. Travail des emplois à domicile est devenu populaire à nouveau que la technologie Internet a permis aux gens de communiquer les uns avec les autres plus facilement à travers les miles et de transporter des fichiers avant et en arrière.
Plus surprenant, par contre : les mamans à temps partiel fourniraient davantage d’occasions d’apprentissages à leurs jeunes enfants, tout en étant plus sensibles à leurs besoins, que les mères à temps plein ou à la maison. Leur « sensibilité » étant entendue par l’étude comme : leurs multiples attentions au quotidien, leur positivisme, leur respect de l’autonomie du tout-petit, leur style éducatif, etc.
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