Toutefois, l’autonomie des aidants est relative, d’abord parce que, peu sûrs d’eux-mêmes et de ce qu’ils proposent, ils cherchent auprès de moi la validation des résultats, ensuite parce que l’explication de l’énoncé et de la procédure de résolution restent des tâches complexes, même avec la fiche méthodologique. D’ailleurs, à l’usage, la pertinence de cette fiche me paraît relative, car elle est peut-être trop dense, et sûrement trop directive.
"Ce que j'ai vu du monde du travail jusqu'à présent n'est pas très joyeux, pas très sain. C'est difficile à surmonter, tout ça... Je suis à la mission locale depuis trois ans. Après six ans d'études en secrétariat jusqu'au BTS, j'ai cherché du travail. Mais les employeurs ne donnent pas leur chance aux jeunes qui n'ont pas d'expérience. En plus, on m'a dit qu'il fallait être bilingue pour exercer ce métier. J'ai donc fait un bilan de compétences, et je me suis dirigée vers la fleuristerie. J'ai fait un CAP. J'ai trouvé du travail mais ma dernière expérience s'est mal passée. La patronne a mis fin à mon contrat en m'accusant de fautes que je n'avais pas commises, d'avoir pris dans la caisse. Elle a été très dure : "Vous avez votre CAP, mais il n'y a rien derrière." Elle a menti à ma formatrice, à ma mère. J'ai dit que c'était faux, mais je crains qu'un employeur susceptible de m'embaucher ne l'appelle et qu'elle répète ses mensonges. Depuis, j'ai du mal à m'y mettre. J'ai des moments de blues. Heureusement, j'ai un projet avec des amies : ouvrir une boutique de bijoux."
17Les élèves font ensuite ensemble des exercices pendant trois séances, puis un exercice individuel intermédiaire, trois autres séances de groupe et un exercice individuel final. Tous les exercices sont construits selon les mêmes critères sans être parfaitement identiques pour éviter l’effet d’entraînement Ils sont présentés sur deux feuilles, l’une comportant des informations simples (extrait d’un conte, horaires de train, recette de cuisine, plan de ville…) ; et l’autre sous forme de tableau avec dix questions et l’emplacement des réponses (feuille Q/R). Les exercices sont du même type que ceux proposés lors des évaluations nationales faites à l’entrée en sixième. Une seule feuille Q/R est donnée par groupe, d’où la nécessité pour les membres de se mettre d’accord afin d’apporter une réponse unique. Ici s’effectue le travail social dont sont privés ceux qui travaillent seuls.
Il est 8 heures. Vous essayez désespérément d’« emballer » vos enfants encore à moitié endormis dans leur habit de neige pour les conduire à la garderie. Votre petit dernier ne trouve pas son nounours et votre fille n’arrive absolument pas à coiffer sa chevelure rebelle. Les plats du déjeuner traînent encore sur la table et y seront toujours à votre retour du travail en fin de journée alors que vous aurez à vous lancer dans la préparation du souper.
L’organisation proposée dans ma classe a certes été guidée, voire clairement définie par l’attribution des rôles et des espaces. Cependant, elle comporte des limites puisque les élèves ne quittent pas leur rôle. Si le tutorat se veut une pratique ouverte et extensive, constituer un réseau de tuteurs serait une solution (que Sylvain Connac propose) pour élargir le cadre que j’ai donné lors de cette première expérience. On proposerait à raison d’une heure par semaine un temps réservé au tutorat. On pourrait afficher « un tableau de demandes d’aide » et « un tableau de réponses d’aide ». La demande serait formulée sur une vignette (format A6) où seraient consignés au recto le prénom, la compétence, l’objet de la demande (passage du cours, exercice). Au verso, à l’issue du temps du tutorat, les élèves (tuteur et tutoré) pourraient ajouter des commentaires : réussite, échec, demandes diverses (temps supplémentaire, matériel…).

26À la différence des travaux de laboratoire principalement centrés, nous l’avons vu, sur les dimensions cognitives impliquées tant dans l’exercice de la tutelle que dans les bénéfices qui en découlent, le recours au tutorat en situation scolaire a donné lieu à d’autres types d’analyse. Nous aborderons en premier lieu les plus anciennes d’entre elles, conduites dans le cadre d’une approche psychosociale des « effets d’attente », et qui soulignent des effets qui semblent se manifester principalement au niveau du contexte scolaire (Berzin, 2000). D’autres travaux beaucoup plus récents, principalement anglo-saxons, et développés dans le cadre de l’apprentissage coopératif, posent la question de l’amélioration de l’efficacité de ces interactions en envisageant notamment quelle peut être la contribution de l’adulte dans l’amélioration de cette efficacité.
27Des bénéfices au niveau du contexte scolaire. Les expériences qui soulignent l’impact du tutorat sur le contexte scolaire mettent en présence des sujets experts le plus souvent volontaires et explicitement avertis du rôle de tuteur que l’on attend d’eux. Contrairement à ce que nous avons vu dans le cadre des travaux centrés sur la comparaison adulte/enfant, les situations de tutorat entre enfants pourraient s’avérer plus satisfaisantes pour le tuté sur un certain nombre d’aspects que celles impliquant un adulte comme tuteur (Hartup, 1983). La pratique du tutorat peut notamment être considérée comme pouvant influer sur le développement social du novice à travers le respect et l’émulation des plus jeunes (novices) au contact de leurs compagnons plus âgés (tuteurs). Cette pratique serait également à l’origine d’une attitude plus positive de l’élève à l’égard de la matière sur laquelle porte l’enseignement (Cohen et al., 1982). L’analyse des situations d’interaction développées dans le cadre de la politique pédagogique belge de lutte contre l’échec en lecture précise ces premiers constats (Finkelsztein, 1986, 1987, 1988, 1990).
Une synthèse (document Word, environ 35 ko) recense l’ensemble des écrits des participants ainsi que d’autres propositions que j’ai suggérées (comme ne pas s’occuper de ce qui se passe autour de soi par exemple). Cependant cette fiche met en évidence les conditions préalables pour un fonctionnement propice au tutorat, conditions qui peuvent être plus ou moins complexes à respecter, comme par exemple le rapport à la fatigue mentionné dans la dernière partie de la fiche. Ensuite, les tuteurs et moi-même avons parcouru ce document pour revoir et expliciter le contenu. Enfin, le tutoré a pu découvrir chaque partie de cette fiche que le tuteur lui a présentée. Nous nous sommes assuré que le tutoré avait bien compris la présentation de chacun des rôles dans la dyade.
Il existe des sites spécialisés dans les enquêtes payantes et les enquêtes qui vous permettent d’être payé pour participer à des enquêtes en ligne. Les sites de sondage vous envoient périodiquement des sondages auxquels vous pouvez répondre. Chaque sondage auquel vous participez vous permet de gagner de l’argent ou d’échanger des points contre des cadeaux.
Si l’entrée dans la démarche s’est focalisée sur les représentations initiales des élèves, il restait toutefois à s’assurer qu’elles avaient bien évolué au terme de l’expérience. Ce qui reste difficile à mesurer dans le temps long. Daniel Favre, enseignant-chercheur, parle de « décontaminer l’erreur de la faute dans les apprentissages ». Et c’est parce que l’erreur est un moteur nécessaire à l’apprentissage que l’effort, lui, en est l’énergie. Mais cet effort est conditionné par plusieurs facteurs : stimulation et encouragement des milieux scolaire et familial dans lesquels la confiance en soi interagit. Former les élèves au tutorat reste une entreprise longue, et la culture de l’entraide demande à être régulièrement revisitée. C’est justement à travers la fraternité, l’une des valeurs de la République, que l’on peut également introduire la notion d’entraide. Raison pour laquelle je mobiliserai désormais cette valeur lorsque j’inviterai les élèves à entrer dans ce projet.
Il peut sembler difficile, après avoir connu une certaine indépendance financière, de vous sentir « entretenue » par votre conjoint et de devoir systématiquement lui demander de l'argent pour acheter ce qui vous tente (pour vous, ou les enfants, ou la maison). Il est absolument nécessaire d'aborder ce sujet avec votre amoureux avant de vous lancer.
Une tâche scolaire, ici la résolution d’un problème mathématique (document Word, environ 13 ko), est le support de cette forme de travail. Je l’ai choisie, et selon un critère essentiel : il fallait un niveau de difficulté correctement dosé pour que tous les élèves puissent s’autoriser à se mettre au travail, qu’ensuite seule une partie d’entre eux parvienne à une résolution complète. C’est cette hétérogénéité dans la réussite qui permet de faire ensuite appel au tutorat comme dispositif adéquat au blocage de certains élèves ; dans ce contexte, en effet, des élèves experts pourront naturellement apporter leur aide aux élèves en difficulté.
 Le tutorat d’accueil est pratiqué en début d’année scolaire, pendant la période des inscriptions, avant que les cours ne débutent. Des étudiants triés sur le volet vous prennent en charge le temps de vous expliquer le fonctionnement de l’université, assez différent et plus complexe que celui du lycée, mais aussi le déroulement de votre cursus universitaire et le contenu exact de votre formation. Ainsi vous êtes mieux armés pour débuter votre année sur les chapeaux de roue !
25Là encore le pourcentage de progrès des élèves du groupe tutoral est supérieur à celui des élèves de l’autre groupe. Par contre, la p-value calculée selon le test paramétrique t, est de 0,160, elle est donc supérieure au niveau de signification alpha = 0,05. Le test non paramétrique de Mann-Whitney confirme ce résultat (p-value = 0,176 > 0,05). Ainsi, après 6 séances collectives, il n’y a plus de lien statistiquement significatif entre les progrès des élèves et leur appartenance à telle ou telle situation de groupe.

Combien sont-elles chaque année à peser le pour et le contre : rester à la maison avec Junior ou reprendre le travail ? « Cette situation est aberrante ! Il faudrait pouvoir faire les deux. Aux États-Unis, il n’est pas rare qu’une femme exerce à mi-temps avec des responsabilités importantes. En France, c’est inenvisageable : il faut choisir entre carrière et enfants », se désole Isabelle Filliozat, psychothérapeute et auteure de Maman, je ne veux pas que tu travailles ! (Éditions Dervy Poche). Un choix parfois cornélien, comme en témoigne Hélène. « J’aurais adoré pouponner, mais financièrement c’était impossible. Au début, je pleurais tous les matins en déposant mon fils chez la nounou », raconte cette quadragénaire, avant d’expliquer que la situation s’est normalisée au bout de quelques semaines. Hélène peut-elle rétrospectivement se féliciter d’avoir pris la bonne décision ? « Quel que soit son choix, la mère ressent toujours de la culpabilité », répond la psychothérapeute. Alors quitte à culpabiliser, Marlène Schiappa n’a pas hésité : elle est retournée bosser sans sourciller !
Mais la difficulté à concilier vie professionnelle et vie de famille demeure un obstacle puissant. 58 % des personnes interrogées et les deux tiers des parents jugent que les conditions sont mauvaises pour la réussir. 81 % des pères de familles affirment même que l'amélioration de la conciliation entre travail et famille doit être la priorité de la politique familiale.
À l’heure de rédiger cette conclusion, une nouvelle année scolaire a commencé. Nous la considérons comme la deuxième année d’un projet qui en nécessitera bien d’autres pour se réaliser pleinement. Les nombreuses questions, que la pratique du tutorat entre pairs a fait émerger jusque-là, restent ouvertes. Cette année, la mise en œuvre sera sans doute plus rapide, moins tâtonnante, et permettra de consolider le cadre que nous avons commencé à élaborer. Il nous semble en particulier qu’il faut procurer à nos futurs élèves tuteurs davantage d’outils et de techniques sur lesquels ils pourront s’appuyer, et améliorer considérablement les ressources à utiliser en autonomie : quantité, qualité et conditions d’accès. Nous pensons aussi approfondir la question des compétences spécifiques des tuteurs : définir plus précisément leur « métier » et les compétences que l’on attend d’eux, les rendre conscients qu’ils doivent accompagner les tutorés vers cette autonomie dans le travail qu’ils ont eux-mêmes déjà acquise. En outre, chacun de nous espère poursuivre des pistes d’expérimentation particulières.
10Il a été constaté (Peyrat, 2003) que la coopération ne s’installe pas d’emblée, naturellement. Elle repose sur une solidarité concrète entre des individus, n’étant pas présente a priori dans un groupe. Les élèves se connaissent plus ou moins à l’extérieur de la classe mais n’y travaillent pas forcément ensemble, dans un même but et vers un même objectif. Considérer la coopération comme une valeur en soi, un exemple de relations humaines, un mode d’enseignements et d’apprentissages riches pouvant agrandir le répertoire des stratégies que possède l’enseignant et qu’il manie avec succès, c’est percevoir le travail des élèves sous un angle différent. C’est aussi créer des situations d’apprentissage où les élèves peuvent verbaliser, analyser, évaluer, préciser leur pensée, discuter, écouter et ne plus seulement être passifs devant le savoir qui leur est dispensé. Cette façon de procéder peut permettre d’exploiter davantage l’environnement humain disponible à travers la diversité présente dans les classes.
Au Québec, vous pouvez vous absenter du travail sans salaire si vous travaillez depuis plus de trois mois consécutifs chez votre employeur. Bonne nouvelle : à partir du 1er janvier, les deux premières journées prises pour des raisons de santé seront rémunérées pour tous les travailleurs, même si vous n’avez pas de jour de maladie payé à votre travail.
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