Je passe dans les binômes tuteur/tutoré et m’informe de ce qui se passe. Au fur et à mesure, je note au tableau les éléments de méthode que les tuteurs utilisent : le verbe, on peut le conjuguer, on peut l’encadrer par la négation ; pour trouver le sujet, on demande « qui est-ce qui… ? » ; pour trouver le COD on fait « sujet + verbe + qui ou quoi ? », etc.

14Chercher à savoir si la situation tutorielle est efficace implique de circonscrire les conditions qui optimisent la présence de telles conduites dans cette situation. L’analyse de la teneur de l’intervention tutorale en situation scolaire (Baudrit, 2003) dénote une grande variabilité en fonction de l’activité proposée aux acteurs du tutorat mais également de la « congruence cognitive » du tuteur, laquelle repose à la fois sur la maîtrise par le tuteur du contenu à enseigner et sur sa capacité à se montrer le plus proche possible de son partenaire.
6L’apprentissage coopératif se rapproche des travaux de groupe habituels en contexte situationnel scolaire, avec cette fois, des rôles non déterminés. Sa spécificité se situe dans le fait que l’apprentissage et les progrès de tous les membres du groupe sont visés, et que la participation de tous est nécessaire. Aux États-Unis la coopération recherchée entre les membres du groupe est associée à la compétition entre les différents groupes (Slavin, 1995). Cette forme particulière de travail collectif s’appuie sur une coopération intragroupale et une compétition extragroupale. Plusieurs autres formes d’apprentissage coopératif existent, comme la méthode jigsaw ou coopération en puzzle, dans laquelle chacun des membres d’un groupe étudie une partie d’un sujet puis l’enseigne aux autres. Cela offre l’avantage d’une large vision du sujet à tout le groupe, mais chaque membre ne connaît parfaitement que la partie qu’il aura étudiée.
Comme pour les essais 1 et 2, cette tâche est connue mais complexe, donc les compétences nécessaires pour l’effectuer sont diversement maîtrisées. J’annonce le travail aux élèves, leur explique qu’ils auront six phrases à analyser. Toutes les consignes habituelles sont inscrites sur le billet que je leur distribue et ils pourront – devront – s’y référer autant que nécessaire pour ne rien oublier. Puis j’annonce que nous allons travailler « en tutorat », et que certains pourront être « tuteurs ou tutrices » d’autres élèves. J’introduis également le terme de « tutoré(e) ». Pour l’instant le tutorat est simplement défini comme une aide sur un point précis. Je rappelle que, selon les cas, on peut être tuteur ou tutoré et qu’il faut aussi bien apprendre à demander de l’aide qu’à en donner. Les élèves réagissent immédiatement, pour la plupart désireux de devenir tuteurs, à l’exception de deux d’entre eux qui semblent gênés à cette idée et qui doutent sérieusement de pouvoir donner des explications aux autres.

37À partir du bilan des premiers travaux réalisés dans les années 60 et 70, Hartup (1983) identifie les conditions tutorielles qui permettent de recueillir de meilleures performances chez le tuteur que chez le sujet qui ne bénéficie pas d’une telle expérience. Ces conditions évoquent la nécessité d’une intervention tutorielle, qui doit s’étaler dans la durée, d’une maîtrise incomplète de la tâche à transmettre, d’une différence d’âge entre les enfants tuteur et novice, ainsi qu’une préparation au rôle de tuteur, lequel doit être supervisé régulièrement par un adulte. Ce dispositif de formation et de soutien permet aux jeunes tuteurs de maintenir leurs objectifs dans la durée. Ces résultats sont à nos yeux, pour la plupart d’entre eux, tout à fait pertinents encore de nos jours, bien que les travaux récents ouvrent aujourd’hui une plus grande diversité de recherches dans ce domaine.
Passez un entretien d’embauche. Si l’entrevue téléphonique se passe bien, il y a de fortes chances que vous receviez un appel afin de programmer un entretien en bonne et due forme. Étant donné que vous allez travailler depuis chez vous, il est fort probable que l’entretien se fasse via un site de téléconférence grâce auquel vous pourrez voir le chargé d’entrevue et échanger avec lui depuis le confort de votre domicile.

Parmi les orientations possibles, le choix du tutorat entre élèves s’est rapidement imposé. Cette pratique apparaissait comme la plus accessible (donc plus rassurante), mais aussi riche de possibilités dans nos classes caractérisées par une très forte hétérogénéité (des attitudes en classe, des résultats scolaires, de l’autonomie, etc.). Nous avons supposé que, dans un tel contexte, deux élèves de niveaux différents, ciblés à partir des observations de l’enseignant, pourraient s’enrichir mutuellement dans une forme de travail sans doute plus motivante pour eux. D’ailleurs, nous avions déjà tous plus ou moins mis en place cette modalité de travail. Nous nous demandions juste comment aller plus loin, c’est-à-dire comment passer d’une approche intuitive et informelle du tutorat à une approche plus formalisée, plus experte.

À l’issue de cette première phase, certains élèves voient leur travail (calculs, réponses et présentation) que j’ai validé, et je les désigne officiellement comme tuteurs et tutrices pour la deuxième phase du travail. Je pense qu’il faut leur laisser le choix, voire l’initiative de ce changement de statut, ce que je n’ai pas fait dans la séance présentée ici. Toutefois, il est assez visible que les élèves désignés sont contents, ils en tirent une certaine fierté et une motivation pour la suite de la séance.
C'est tellement un choix personnel tout ca !!! Pour ma part ce n'est pas les premieres année que j'ai rusher mais c'est présentement et c'est pas finis. Je travail a temps pleins et mon plus vieux a commencer la premiere année. Il a des devoirs. Le retour a la maison le soir c'est dur !! Alors je me dit que lorsque mon plus jeune va commencer sa premiere année c'est la que l'organisation et la préparation seras la priorité ! Mais ce n'est pas la fin du monde travailler temps plein. Pour moi ce n'est pas envisageable de travaillé a temps partiel. Ca ne se fait pas dans mon domaine et honnetement j'aime trop mon travail !
16Des élèves âgés de 11 à 13 ans scolarisés au collège en classe de sixième, sont confrontés collectivement à des exercices de français, orientés vers la compréhension d’écrits et la communication de sens. En tout cent huit élèves de sept classes de trois établissements participent à ce protocole décomposé en cinq phases. Tout d’abord, tous les élèves font individuellement l’exercice initial. Cela offre l’avantage de ne pas tenir compte des résultats scolaires des uns et des autres pour former les groupes. Certains acteurs reconnus par tous comme bons élèves en fonction de leurs niveaux scolaires habituels, n’ont pas forcément des notes aussi bonnes à l’issue du premier exercice, et vice versa pour les moins bons élèves pouvant avoir des scores surprenants. Ce n’est donc pas obligatoirement les premiers qui sont tuteurs et les deuxièmes tutorés. Les groupes sont ensuite constitués ainsi :
38À la différence des expérimentations pédagogiques qui mettent en avant des bénéfices de différents ordres, les travaux expérimentaux explorent de façon plus approfondie les gains cognitifs et métacognitifs dont bénéficient les tuteurs. Ainsi, d’après Cohen et al. (1982) et Foot, Shute, Morgan et Barron (1990), le tuteur possède une compréhension plus approfondie de la tâche du fait de l’avoir enseignée. C’est à Barnier (1989) que l’on doit d’avoir réalisé l’analyse de ce processus. La meilleure compréhension de la tâche par le tuteur résulterait de sa propre activité et des réponses et manipulations du novice en retour. Le travail de Barnier (1996) s’appuie, en effet, sur l’utilisation d’un ancrage propositionnel par le tuteur pour que celui-ci accède à un niveau supérieur de maîtrise des savoirs. Cet ancrage propositionnel, analysé également par Brixhe (1999), consiste en la mise en mots de la façon de résoudre la tâche. Cette démarche est conditionnée par l’adaptation nécessaire au niveau de compréhension du novice et opère un consensus représentationnel entre les deux acteurs. Le phénomène de « distanciation » vis-à-vis du travail de résolution mis en œuvre au cours de la tâche de transmission du tuteur relève d’une re-représentation de cette résolution. Le bénéfice métacognitif du tuteur repose donc sur sa capacité à formuler des hypothèses à partir de celles formulées par le novice (Bruner, 1987), générant ainsi des explications qui favorisent, chez le tuteur, le développement de sa réflexion et de ses capacités d’abstraction afin de mettre en œuvre les conduites adaptées. Et c’est précisément cette activité de modélisation sémiotique, qui s’apparente selon l’auteur à l’abstraction réfléchissante de Piaget (1977), qui permet la consolidation des savoirs du tuteur. Selon Barnier, cette fonction est essentielle dans la démarche pédagogique puisqu’elle permet de parfaire les savoirs acquis antérieurement lors de la transmission classique de l’enseignant face au groupe-classe. De plus, pour optimiser les gains du tuteur, Filippaki, Barnier et Papamichaël (2001) proposent de définir au préalable un niveau non optimal d’élaboration de la tâche chez les tuteurs, en plus de centrer leurs interventions sur la verbalisation des explications afin de garantir plus sûrement les progrès des novices et d’eux-mêmes.

43Le guidage et l’étayage du tutorat semblent autoriser une forme de passivité dans les interactions si elle est associée à l’imitation. L’apprentissage coopératif ne paraît pas supporter ce type d’interactions « molles », puisque cette paresse sociale décrite par Huguet et Monteil (1996) n’aboutit pas à des progrès de la part des élèves. Au niveau de la situation tutorale, le tuteur est là pour impliquer tous les membres du groupe dans la tâche, à la différence de la situation coopérative où des élèves peuvent rester en retrait sans que personne ne les sollicite.


Après avoir procédé à plusieurs « essais », j’ai institué le travail en tutorat. Je l’ai nommé comme tel et il a d’abord fait l’objet de séances types, telles que la séance proposée dans les vidéos ci-dessous. Ces séances m’ont permis d’amener progressivement le cadre que je souhaitais donner au tutorat dans ma classe : temps et objectifs donnés ; identification des élèves tuteurs ; fiche de travail en tutorat ; possibilités d’appels, de déplacements, etc.
9In fine, ces différentes approches, qui ont en commun d’intégrer à parts égales les processus inter et intra individuels jusque-là considérés indépendamment, ont permis de mettre au jour une diversité de mécanismes socio-cognitifs d’acquisition. Ceux-ci représentent les différents moyens mis en œuvre par les enfants pour poursuivre le processus d’enseignement/ apprentissage dans des conditions où les savoirs et savoir-faire des participants, et en particulier ceux du novice, sont fluctuants et ponctuent les échanges de façon plus ou moins durable. Ces différents éléments conduisent aujourd’hui à privilégier un modèle pluridimensionnel de l’acquisition ou de la consolidation des connaissances (Beaudichon et al., 1988 ; Gilly et al., 1988).
Après avoir procédé à plusieurs « essais », j’ai institué le travail en tutorat. Je l’ai nommé comme tel et il a d’abord fait l’objet de séances types, telles que la séance proposée dans les vidéos ci-dessous. Ces séances m’ont permis d’amener progressivement le cadre que je souhaitais donner au tutorat dans ma classe : temps et objectifs donnés ; identification des élèves tuteurs ; fiche de travail en tutorat ; possibilités d’appels, de déplacements, etc.
Sur pôle emploi aucune annonce de travail a domicile, j’ai même demandé en agence. On m a répondu que cela n’existait pas. Je cherche en vain et je ne trouve pas… Que ce soit du petit conditionnement, de la mise sous pli, de la téléprospection… Enfin tout ce qui permet d’avoir un salaire déclaré… et possible sans qualification particulière…le bon coin, indeed il n y a pas non plus… Donc si vous avez de vrais pistes car ma perte de temps avec des arnaques c’est terrible n’hésitez pas. Merci
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