15Du côté des observations recueillies dans des situations plus standardisées, plusieurs facteurs, dont nous donnerons quelques exemples sans prétendre à l’exhaustivité, sont identifiés comme influençant directement la fréquence des conduites tutorielles. C’est le cas du type de consigne, du degré de familiarité ainsi que des caractéristiques des partenaires de la dyade (Bensalah, 2003) ou encore du degré de maîtrise de la tâche par le tuteur chez des enfants scolarisés. Lorsque la consigne donnée aux enfants permet l’établissement des rôles de tuteur et de novice (avec consigne versus sans consigne ou une consigne de collaboration), les conduites tutorielles sont manifestement convoquées. C’est le cas, par exemple, dans une tâche de classification chez des enfants de 5-6 ans (Fraysse, 1991) et dans une tâche de logique (recherche de toutes les manières possibles de placer quatre jetons de quatre couleurs différentes) avec des enfants de 9ans et 4mois à 10ans et 6mois (Berzin, Cauzinille-Marmèche & Winnykamen, 1996). Le degré d’affinité ou de familiarité entre les membres de la dyade a également un effet spécifique sur les conduites des enfants. Dans l’étude de Foot et Barron (1990), les tuteurs amis1 âgés en moyenne de 8ans et 8mois donnent davantage d’informations et questionnent plus fréquemment leurs partenaires novices que les tuteurs non-amis dans une tâche où ils devaient transmettre aux novices les règles relatives au code de la ville à partir d’images. Dans l’étude de Bensalah (1995), les novices amis2 de 9ans et 6 mois présentaient une activité plus importante au regard de la réalisation d’un puzzle à trois dimensions que les enfants ne présentant pas d’attraction mutuelle. Dans ces conditions, c’est à la fois la nature et la fréquence des conduites tutorielles qui sont affectées. Par ailleurs, les travaux de Verba et Winnykamen (1988, 1992) ont montré que, lorsque des caractéristiques renforcent l’asymétrie (par exemple l’âge ou le niveau scolaire3), les conduites tutorielles sont plus fréquentes. C’est également le cas lorsque les tuteurs de 9 et 11 ans présentent un score élevé dans la maîtrise de la tâche de catégorisation de photos d’animaux (Foot & Morgan, 1988). En effet, ils informaient davantage les novices de 9 ans qui à leur tour utilisaient plus souvent le matériel, attitude encouragée en retour par les tuteurs.
Le temps nous a paru un paramètre essentiel, non seulement dans la mise en place, mais aussi dans le déroulement des travaux sur le tutorat. Joan Domènech Francesch (professeur des écoles, formateur, membre du conseil scolaire de Catalogne, pionnier et militant actif du mouvement d’« éducation lente ») écrit : « Par sa nature même, l’Éducation est une activité lente. Les processus éducatifs sont lents, afin que les apprentissages puissent s’intégrer à un parcours fait de multiples étapes et de divers moments. » (Source : Éloge de l’éducation lente, Chronique Sociale, 2011) Nous souscrivons et ajoutons même : apprendre en s’entraidant est par nature une activité lente. Nos élèves et nous-mêmes avons dû nous adapter à de nouvelles formes de travail et en accepter les conséquences : la remise en question des habitudes, de nouvelles médiations entre élèves et savoirs… Il nous a fallu définir ce qui était de l’aide et ce qui n’en était pas, tracer une frontière entre un bavardage improductif et une coopération efficace, apprendre à parler avec précision de ce que l’on fait et comment on le fait, etc.
19Il semble donc à travers ces deux derniers travaux que la problématique soit passée au cours de cette période de l’étude globale du type de situation (tutorielle, coopérative, individuelle) à l’étude plus spécifique de certaines composantes (les échanges verbaux et les expériences manipulatoires directes sur le matériel) supposées importantes dès lors qu’elles constituent des moyens fort utiles d’évaluer les progrès des novices. On verra plus loin qu’en ce qui concerne les échanges, des analyses variées du discours du tuteur comme de l’apprenant, ou bien l’enchaînement de conduites spécifiques entre eux, nous permettent de mieux identifier le chemin parcouru par les protagonistes dans l’élaboration des connaissances de l’apprenant.
Nous avons rencontré d’autres difficultés, notamment dans l’élaboration du cadre de travail : à quel moment de la journée, de la semaine, dans quel espace, avec quelles possibilités de circulation ? Quel matériel mettre à disposition et selon quelle(s) modalité(s) ? Il est aussi peu évident de choisir des activités pertinentes, c’est-à-dire des exercices ou des tâches mobilisant des compétences dont la maîtrise sera inégale d’un élève à l’autre, créant ainsi une asymétrie propice au travail en tutorat.
Au cours de chaque tutorat, les tuteurs (K2 ou K3) sont répartis par binôme, chaque binôme s’occupant de 2 ou 3 tutorés. Dans un premier temps, les tuteurs expliquent aux K1 les conditions d’examen de l’épreuve. Puis, on attribue à chaque tutoré, un sujet de Travaux Pratiques. Les 2 ou 3 tutorés préparent en même temps leur sujet, avant de nous le présenter, chacun leur tour, en un temps chronométré. Au cours de ces 2 dernières étapes, les tuteurs doivent essayer de ne pas intervenir afin de reproduire les réelles conditions d’examen. Après chaque passage, les tuteurs réalisent un débriefing, en expliquant aux tutorés les points positifs et les points négatifs de leur prestation. Pendant ce moment d’échanges inter promotions, les tuteurs peuvent également donner des conseils aux K1 et répondre à toutes leurs questions éventuelles.
Cependant, compte tenu de cette masse horaire hebdomadaire, il n’était pas possible d’introduire le tutorat à chaque heure de cours et d’en faire la modalité de travail unique. Certaines heures de vie de classe ont en revanche pu être consacrées à la construction de ce dispositif avec les élèves, puisque j’étais également leur professeur principal.
Vos connaissances seront utiles dans les domaines de l'administration ou des technologies de l'information, mais vous pourriez tout aussi bien rejoindre le domaine de la vente, du marketing, des ressources humaines ou d'autres domaines connexes. Parmi les rôles potentiels que vous pourriez endosser figurent les suivants : commis de bureau, assistant administratif, assistant en ressources humaines, commis comptable et bien d'autres. 

10Il a été constaté (Peyrat, 2003) que la coopération ne s’installe pas d’emblée, naturellement. Elle repose sur une solidarité concrète entre des individus, n’étant pas présente a priori dans un groupe. Les élèves se connaissent plus ou moins à l’extérieur de la classe mais n’y travaillent pas forcément ensemble, dans un même but et vers un même objectif. Considérer la coopération comme une valeur en soi, un exemple de relations humaines, un mode d’enseignements et d’apprentissages riches pouvant agrandir le répertoire des stratégies que possède l’enseignant et qu’il manie avec succès, c’est percevoir le travail des élèves sous un angle différent. C’est aussi créer des situations d’apprentissage où les élèves peuvent verbaliser, analyser, évaluer, préciser leur pensée, discuter, écouter et ne plus seulement être passifs devant le savoir qui leur est dispensé. Cette façon de procéder peut permettre d’exploiter davantage l’environnement humain disponible à travers la diversité présente dans les classes.


La réponse à cette question est évidemment oui. Comme je viens de le dire, cette pratique était marginale et de plus en plus de monde a une activité à domicile et dans les années à venir, le nombre de personnes travaillant chez eux, notamment en télétravail, devrait exploser. Moi qui suis blogueur depuis 2009, j’ai la chance de travailler de chez moi et croyez-moi pour rien au monde je ne quitterai mon confortable bureau. Assez parlé, je vous donne maintenant une liste de jobs pour gagner de l’argent à domicile.
×