Pour le tableau de demande d’aide, par exemple en mathématiques, il y aurait trois colonnes (nombres et calculs, espace et géométrie, grandeurs et mesures). Les vignettes seraient affichées et accessibles aux futurs volontaires qu’ils retireraient afin de compléter le tableau de réponses d’aide. Celui-ci serait un tableau à double entrée plastifié (tuteur/tutoré) avec le prénom de chaque élève de la classe. Le tuteur volontaire cocherait dans la case de l’élève tutoré. Cette réponse serait formulée avant la séance afin que le tuteur ait connaissance de l’identité de l’élève et que l’enseignant puisse organiser au mieux l’espace de travail.
23L’explication de ce résultat peut se situer dans le fait que le tutorat et son asymétrie de compétences représentent une situation plus habituelle pour tous les élèves. Sa structure hiérarchique ressemble en effet davantage à la situation enseignant expert/élève apprenant. Lorsqu’il est question d’apprentissages rapides, l’asymétrie de compétences semble plus favorisante que la symétrie.
Puisque le tutorat qui s’ensuit est tout de suite annoncé, je demande aux élèves de rappeler les modalités de l’aide que peut apporter un tuteur. Il me semble nécessaire de le faire systématiquement pour inscrire en eux un principe élémentaire du tutorat : ne pas faire à la place du camarade, ne pas lui donner la réponse, mais plutôt le guider, notamment en lui posant des questions.

Heureusement, mon mari est du même avis. Mais cette décision me coûte beaucoup. Il faut réapprendre à vivre, littéralement! Je comprends toutes les femmes qui en restant à la maison peuvent sombrer dans la dépression. Il faut apprendre à penser à soi, à trouver des activités pour maintenir le social... ce n'est pas évident! Même après presque 4 ans, je travaille encore à ne pas m'oublier au profit de ma famille!


29Deux hypothèses explicatives peuvent être envisagées pour rendre compte de ces progrès. Le tuteur, ayant moins bien intériorisé les normes sociales que l’adulte, notamment en matière de réussite scolaire, présenterait un modèle d’identification plus accessible que celui du maître. Le recours important aux comportements non verbaux, où les fonctions de renforcements positifs dominent, associé à une plus grande acceptation de l’erreur, créerait une dynamique orientée vers « la confirmation mutuelle », permettant à l’autre d’être reconnu et par suite de reprendre confiance en lui. En offrant à l’enfant la possibilité d’être perçu autrement que dans le cadre des attentes pessimistes du maître, le tutorat offrirait à l’enfant l’opportunité de sortir de la spirale de l’échec entretenue par la réalisation des prédictions négatives et de réaliser des apprentissages – comme en témoigne l’évolution mise en évidence au niveau des performances en lecture. Par ailleurs, le tuteur pourrait mieux saisir « la manière de voir d’un autre enfant » (Finkelsztein, l990, p. 43) que le maître. La seconde hypothèse explicative renvoie au travail déjà ancien de Allen et Feldman (1976) dans lequel les enfants de 8-9 ans ont une meilleure estimation que les adultes du degré de compréhension d’enfants filmés (film muet) durant une leçon d’arithmétique facile ou difficile. Les auteurs expliquent la performance des enfants en avançant que les indices de compréhension non-verbaux des enfants étaient différents de ceux des adultes. Dans ces conditions, les enfants qui eux-mêmes développaient ces signaux étaient mieux à même de les détecter chez d’autres enfants par proximité cognitive.
Cette façon de travailler plaît aux élèves et les motive : ils manifestent une satisfaction à donner ou à recevoir de l’aide. Le niveau sonore augmente sensiblement et il y a de nombreux déplacements qui m’obligent à être attentif au début. Mais, au bout d’un moment, je reconnais que l’ambiance de classe est très appréciable, et que derrière un désordre apparent les élèves sont tous au travail. Finalement, le dispositif me libère même du temps pour passer d’une table à l’autre et pour parler individuellement avec les élèves.
15Du côté des observations recueillies dans des situations plus standardisées, plusieurs facteurs, dont nous donnerons quelques exemples sans prétendre à l’exhaustivité, sont identifiés comme influençant directement la fréquence des conduites tutorielles. C’est le cas du type de consigne, du degré de familiarité ainsi que des caractéristiques des partenaires de la dyade (Bensalah, 2003) ou encore du degré de maîtrise de la tâche par le tuteur chez des enfants scolarisés. Lorsque la consigne donnée aux enfants permet l’établissement des rôles de tuteur et de novice (avec consigne versus sans consigne ou une consigne de collaboration), les conduites tutorielles sont manifestement convoquées. C’est le cas, par exemple, dans une tâche de classification chez des enfants de 5-6 ans (Fraysse, 1991) et dans une tâche de logique (recherche de toutes les manières possibles de placer quatre jetons de quatre couleurs différentes) avec des enfants de 9ans et 4mois à 10ans et 6mois (Berzin, Cauzinille-Marmèche & Winnykamen, 1996). Le degré d’affinité ou de familiarité entre les membres de la dyade a également un effet spécifique sur les conduites des enfants. Dans l’étude de Foot et Barron (1990), les tuteurs amis1 âgés en moyenne de 8ans et 8mois donnent davantage d’informations et questionnent plus fréquemment leurs partenaires novices que les tuteurs non-amis dans une tâche où ils devaient transmettre aux novices les règles relatives au code de la ville à partir d’images. Dans l’étude de Bensalah (1995), les novices amis2 de 9ans et 6 mois présentaient une activité plus importante au regard de la réalisation d’un puzzle à trois dimensions que les enfants ne présentant pas d’attraction mutuelle. Dans ces conditions, c’est à la fois la nature et la fréquence des conduites tutorielles qui sont affectées. Par ailleurs, les travaux de Verba et Winnykamen (1988, 1992) ont montré que, lorsque des caractéristiques renforcent l’asymétrie (par exemple l’âge ou le niveau scolaire3), les conduites tutorielles sont plus fréquentes. C’est également le cas lorsque les tuteurs de 9 et 11 ans présentent un score élevé dans la maîtrise de la tâche de catégorisation de photos d’animaux (Foot & Morgan, 1988). En effet, ils informaient davantage les novices de 9 ans qui à leur tour utilisaient plus souvent le matériel, attitude encouragée en retour par les tuteurs.
Travailler ou rester à la maison pour garder les enfants ? Le gouvernement allemand ne veut plus que les parents allemands aient à prendre leur décision sous la contrainte des circonstances. Une nouvelle allocation a été créée en 2013 afin de leur offrir une véritable liberté de choix. Berlin presse, par ailleurs, les Länder d'investir pour atteindre les objectifs fixés en matière de construction de crèches.
Bonjour. Je réagis par rapport au metier d’assistante maternelle que j’exerce. N’allez pas croire que c’est si bien payé. Pour gagner environ un smic, il faut une amplitude horaire de 50h par semaine avec 3 voire 4 enfants, c’est énorme. Quant à croire que nous sommes libres sans patron, ce n’est pas tout à fait la vérité, nous n’avons pas tant de libertés que ça, nous n’avons même pas le droit de faire grand chose et les parents sont de plus en plus exigeants et pas toujours respectueux de notre vie privée pour certains. Et ce n’est vraiment pas une partie de plaisir tous les jours !
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